Archive pour mars 2007

Soirée brumeuse

Vendredi 9 mars 2007

Cela faisait deux heures qu’il attendait à  ce carrefour, à  scruter les environs, à  dévisager les passants. Une lettre, posée sur la table de nuit de sa chambre lui donnait rendez vous, à  la nuit tombée, à  cet endroit précis, à  trois pâtés de maison seulement de l’hôtel où il séjournait. Il sortit une cigarette de sa poche et la porta à  ses lèvres. Il commençait à  fulminer, agacé de cette attente, mais la lettre l’avait intrigué ; elle était écrite sur du papier parcheminée, à  l’aide de sang appliqué à  la plume. On avait ensuite apposé un sceau sur l’enveloppe. Qui aurait pu faire ça, à  une époque où on écrit des messages numériques et où le papier coùte si cher ?

IL finit par remarquer une silhouette sur le toit d’en face. Puis une deuxième apparut, non loin de la première. Il jeta un oeil à  gauche, puis à  droite, avant de faire signe de la main.

«

-    Bonsoir, j’espère que l’attente ne fut pas trop longue…

- Bon…soir ! Qui êtes vous ?

- Je suis la personne que vous étiez en train de saluer, là  haut, sur le toit.

- Comment serait-ce possible ? Vous ne criez même pas et je vous entends parfaitement !

»

Le temps d’un clin d’oeil et les silhouettes avaient disparues.

«

- Ici, derrière vous.

- Mais comment…

- Nous ne sommes pas ici pour vous tenir le crachoir, monsieur. Nous vous avons contacté suite à  vos récentes découvertes.

- Vous parlez sans doute du manuscrit trouvé dans ma bibliothèque. Je dois le présenter à  la conférence de demain. Seriez vous journalistes ?

- Hum… Non. Ce livre nous appartient et nous le cherchons depuis des décennies déjà . Comprenez bien que nous serions capables de tout pour le récupérer. Votre collaboration pourrait cependant vous apporter… notre soutien.

»

Le bibliothécaire regarda une fois encore les alentours par instinct. Trois nouvelles silhouettes se dessinaient à  présent au coin d’une rue, et deux dans une autre.

«

- Qu’est ce que vous m’offrez en échange ?

- En échange ? Nous vous apprendrons plus que tout ce que vous pourriez le faire avec le livre.

- Alors j’accepte.

»

L’homme n’eut pas fini de parler que ses interlocuteurs se dirigèrent vers l’hôtel. Ils ne croisèrent personne sur le chemin, ni même dans l’hôtel. Il chercha quelques minutes dans sa chambre puis ouvrit une mallette, en sortit le manuscrit et l’apporta à  son interlocuteur.

«

- Et maintenant ?

- A présent, je te laisse le choix entre une mort rapide ou autant de savoir que tu pourras en supporter.

- Je choisis le savoir !

- Evidemment…

»

L’étrange individu baissa sa capuche, dévoilant des canines surdimensionnées et de petites cornes sortant de son front. Ils s’enfoncèrent tout deux dans le mur, comme si celui-ci était soudain devenu liquide.